samedi

Le Soleil avait Rendez-Vous avec La Lune...






Mon Cher Henri,







ton récent commentaire à mes pérégrinations philosophico-historiques, m'incite à te faire partager la suite de cette histoire d'arcanes, en la reprenant là où nous en étions restés, c'est à dire à l'anéantissement de la civilisation minoenne.

Nous allons y découvrir comment cette science récente qu'est la Paléo-astronomie, va nous aider dans cette visite de l'Europe de nos ancêtres communs, où se préparait déjà notre société actuelle.

[Sur les conseils - insistants - de Jay le Forgeron et Fabricant d'Images, j'ai introduit une nouveauté en mettant des liens illustrés sur certains mots du texte, en vue d'améliorer la lisibilité du bazar : à toi de les trouver...]

L'explosion de l'île-volcan de Kallisti, avait non seulement eu un impact local sur toute la Mer Egée, les îles et les côtes méditerranéennes, mais aussi un impact global sur le reste de la Terre, par la disparition soudaine et prolongée du Soleil du ciel des Anciens (cf. 'Les Arcanes du Vent Divin' du 23 Juin).

Nous avons non seulement des traces géologiques et archéologiques de la période de famine qui s'en est fatalement ensuivie pour le reste de l'Humanité, mais depuis peu, nous avons aussi des traces des conséquences religieuses et sociales de ce cataclysme vieux d'environ 3500 ans, sur tout le Nord de l'Europe en particulier.

En 1999, dans ce qu'on considère comme le Stonehenge allemand, des pilleurs de tombes ont été les inventeurs clandestins d'un disque de bronze désormais célèbre : le Disque de Nébra, auquel on vient de bâtir une Arche, tiens justement...

Et contrairement au Disque de Phaistos en argile cuite, retrouvé lui en Crète dans les ruines du palais du même nom, et toujours indéchiffré à ce jour (car c'est un hapax, c.à.d. un "objet unique en son genre"), celui-ci a révélé bien des choses passionnantes sur son époque.

L'histoire commence ainsi :

"C’est en juillet 1999 que des fouilleurs apparemment clandestins ont découvert le disque à Nebra-sur-Unstrut en Saxe-Anhalt (Allemagne), sur un site riche en objets de l'âge du Bronze.
En février 2001, l'archéologue allemand Harald Meller qui entend parler de cet objet mis en circulation sur le marché noir alerte la police. Les pilleurs tombent dans le filet ce qui permet à l’archéologue de pouvoir examiner le disque courant 2002.

Le disque de Nebra est un disque de bronze et d'or pesant à peu près 2 kg et d'environ 30 cm de diamètre. Le disque en bronze a été enterré il y a 3600 ans au sommet du Mittelberg près de Nebra, avec des épées d‘apparat, des bijoux et d‘autres objets.

On peut observer sur cette plaque circulaire des points supposés être des étoiles, le Soleil ou une pleine Lune selon les chercheurs ainsi qu’un croissant de Lune.
Pour Harald Meller, il s'agirait d'une représentation du ciel pour un observateur qui se serait situé en Allemagne à l'apparition des Pléiades il a y a 3600 ans.

C'est la représentation la plus ancienne du cosmos par la main de l'Homme."

Tu accroches Henri ? Si oui, je te livre la suite, qui risque de nous mener peut-être plus loin que prévu (encore ?). Si non, dois-je préciser que Mittelberg signifie "le mont du Milieu" en allemand (cf. 'Henri le Divin Vigneron' du 25 Mai) ?..

Normal, elle se trouve sur la principale ligne de partage des eaux d'Europe (t'as qu'à vérifier).

"Le disque de Nebra est considéré comme une sorte d’aide-mémoire astronomique.
Wolfart Schlosser considère ce disque comme un calendrier agricole destiné à repérer le début et la fin des travaux des champs dans l'Allemagne de l'âge du Bronze. Il se base essentiellement sur le fait que les étoiles pourraient être les Pléiades, dont les dates de lever et de coucher sont utilisées dans d'autres sociétés passées ou contemporaines à cet usage.

Bien évidemment, cette découverte suscite de nombreuses questions. La réalisation d’un tel calendrier réclame de bonnes connaissances astronomiques. Or, à cette époque, nos ancêtres n’étaient pas censés observer la voûte céleste et encore moins établir de savants calculs.

Pourtant, on retrouve également sur le disque un arc de 82° représentant l'écart entre les points de l'horizon où le soleil se lève (ou se couche) aux solstices d'été et d'hiver. La valeur de cet angle correspond bien à la latitude du lieu de la découverte."

Si c'est toujours OK pour toi, je poursuis la lecture concernant ce lieu du milieu, pour ne pas dire du 'centre' (cf. le 'Vigneron Divin' itou) :

"Le sommet du tertre, à 252 mètres, était entouré de trois cercles concentriques : un rempart de 160 mètres, et deux autres murailles de terre de 300 mètres à sa base en interdisaient l’accès, peut-être aux non-initiés. Ce serait "le plus ancien observatoire astral" du monde, selon Meller.

La préhistorienne Sabine Gerloff estime après des recherches dans plusieurs pays d’Europe que le culte du surnaturel qui a joué un rôle si important encore au Moyen Age européen, aurait connu son apogée à l’âge du bronze de 2200 à 800 avant J.C. avec son cortège de magie, de prophétie et de sorcellerie relié aux astres. Mais avec des antécédents au néolithique.

Dès l’époque de la céramique cordée (5500 avant J.C.), les premiers agriculteurs respectaient les solstices et déterminaient à 3 degrés près les points cardinaux ainsi que la position de Sirius ou Orion."

J'ajoute que les Pléiades, baptisées ainsi du nom des 7 filles d'Atlas, est un amas numéroté M45, qui se situe dans la constellation du Taureau, et oui !..

Les Provençaux eux, nommaient cet amas "La Poussinière" d'après Alphonse Daudet (trouver pourquoi - ndr).
[Ai trouvé ! -> Les étoiles des Lettres de Mon Moulin : spécial dédicace pour toi Henri, et clin d'œil à Jéjé !]

De plus à l'époque d'Hésiode (700 av. J.-C.), on croyait à son influence sur l'agriculture, un peu comme la Lune de nos jours.

Enfin, ces Pléiades apparaissent également dans l'Odyssée d'Homère, ainsi qu'à trois reprises dans la Bible, et les Japonais les nomment Subaru, qui signifie "Unité" (d'où les 5 étoiles peintes sur les bagnoles de la marque, créée par la fusion de 5 constructeurs nippons).

Last but not least, les Égyptiens ont bâti leurs temples en suivant très précisément leur disposition, tout comme ils ont imité la Voie Lactée dans la disposition de leurs villes et centres religieux le long de la vallée du Nil... (incrédule ? clique sur moi et moi).

Le nom de Nébra, dont l'étymologie s'apparente au russe nebo, est le nom du nuage, conservé dans son sens initial dans le grec moderne néphos, lui-même tiré de nephelé (qui nous a donné 'néphélémétrie', terme scientifique désignant "la mesure de la concentration d'une émulsion d'après sa transparence"), car à cette époque il n'y avait pas encore de mot précis pour désigner "le Ciel".

On peut, hardiement diront certains puristes, le rapprocher aussi de l'hébreu "Nephesh", qui signifie "âme", comme "psukhè" qui en grec, signifie aussi "papillon", par un heureux hasard...

Il faut savoir qu'à cette période, chère aux amateurs de Druidisme et de culture Celte, l'astre que les humains divinisaient en Europe du Nord, et à qui ils vouaient un culte religieux était La Lune, et pas encore Le Soleil.

Nous savons aujourd'hui que le clergé qui constituait l'épine dorsale de ces sociétés proto-historiques était exclusivement féminin, non seulement par un rapport évident entre les cycles lunaires et féminins, mais par bien d'autres caractères symboliques et ésotériques qui relient l'astre de la Nuit à la gent féminine, comme la fécondité (au hasard).

On peut donc dire que ces sociétés étaient gouvernées, au moins du point de vue du pouvoir spirituel, par les Femmes. Pour le pouvoir temporel, on peut faire confiance aux Hommes, en charge de l'art du Feu et de la Guerre, pour s'en occuper personnellement...

Vers l'époque où ce disque a été fabriqué, nous savons qu'était en train d'émerger un culte masculin concurrent, dont les prêtres vénéraient eux l'astre du Jour.

Par les deux astres qu'il représente ensemble et de même importance, cet objet unique témoigne d'une époque où les deux cultes lunaire et solaire semblaient encore cohabiter, et l'on pense aujourd'hui que le long hiver nucléaire (provoqué par l'explosion volcanique de Santorin, remember ?) et les famines qu'il a causé sur ce territoire nordique, ont fait basculer en faveur du culte du Soleil les adeptes affamés du culte de la Lune, vilipendés qu'ils étaient par ce nouveau clergé mâle pour avoir fâché l'astre du jour, lequel se vengeait en abandonnant le ciel et en gardant pour lui ses rayons porteurs de Vie.

En d'autres termes, tout comme ce disque d'or et de bronze - pourtant considéré dans le symbolisme comme arme de jet meurtrière et soleil qui détruit en illuminant - nous fait la nique comme une émoticône archaïque (cf. le smiley en illustration supra), la langue grecque nous fait elle aussi un clin d'œil, en appelant tout ce qui est crétois kritikos (Kriti=la Crète).

Car si l'on considère que la chute - connue - de la Crète antique, a coïncidé avec celle - méconnue - du culte féminin et européen de la Lune, elle a en effet influencé de façon critique le futur de la société européenne, en favorisant Apollon plutôt que sa sœur jumelle Artémis, et en ouvrant la voie à cette suprématie du Père céleste sur la Mère terrestre que nous connaissons depuis.

Ouranos se serait-il alors vengé de la colère de Gaïa ?..


Christophe le Kritique de l'Histoire.

P.S. : Détail intéressant, le 3ème motif du disque figure l'embarcation que prenait le Soleil pendant la nuit, pour rejoindre le point de l'aube. Il se trouve qu'à un détail près (un passeur de type Charon sur l'esquif), c'est aussi le motif qui ornait l'intaille en marbre blanc (marmara en grec) que portait le prêtre sacrificateur d'Anémospilia attachée à son poignet, et destinée comme un sceau à 'signer' dans la glaise quelques documents officiels (avis de décès ?)...

P.P.S. : A propos de glaise, je te parie une caisse de Domaine Milan 2006 que le disque de Phaistos en terre cuite, au motif en spirale fait au tampon marqueur, donc en grande série, n'était pas unique à l'époque où il devait servir de Jeu de l'Oie à la famille royale (manque que les dés, inventés aussi très tôt)...





© Christophe ANTÉ 2009

2 commentaires:

  1. En tout cas Henri, il n'y a pas de hasard si nous sommes sur la même planète de cet univers... ;-)
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  2. less stupid than what L.S.P pretended
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Merci de modérer vous-même vos commentaires (pas que ça à faire, non plus... ;-) :