jeudi

Back to The Moon (le Pirate et le Papillon)

En ce jour anniversaire
du lancement de Saturne pour sa mission Apollo n°11,
40 ans après les premiers pas d'un petit homme blanc sur un petit caillou blanc, un nouvel éclairage historique vient fort à propos de nous révéler - ou confirmer - comment les destinées de l'Humanité peuvent ne tenir qu'à un fil, ou dans ce cas précis, à un petit clou dans la chaussure d'un géant (comme le disait déjà fort bien B.Franklin).

Mais revenons un certain jour de Février 1961, quand un certain Président des États-Unis d'Amérique, au sourire et au brushing irréprochable (déjà), déclara à la Presse :

«Je suis très déterminé à ne pas envoyer un homme sur orbite et à lui faire courir des risques disproportionnés… quitte à être les seconds dans l’espace.»

Cette position surprenante a posteriori, venant de la part du leader du plus puissant pays de la Terre d'alors, s'expliquait en fait par un choix politique avisé et d'une grande sagesse, bien que malheureusement idéaliste, comme la suite des archives va nous le confirmer :

"Jusque là, le président américain écoutait son conseiller scientifique, le Dr Wiesner, qui préconisait de laisser aux Soviétiques la conquête spatiale, dévoreuse de crédits et peu intéressante pour la science. Il avait d’ailleurs abandonné ce dossier «ennuyeux» à son vice-président Lyndon B. Johnson, qui lui était persuadé que celui qui contrôle l’espace contrôle le Monde [comme Alain Minc ? - ndr]."

A l'époque pourtant, l'Agence Nationale Américaine Spatiale (l'ANAS donc, ou NASA en VO) avait déjà baptisé son programme lunaire, en choisissant d'ailleurs très paradoxalement le nom latin du dieu solaire Apollon.
Sans doute une réminiscence des temps celtiques, si on la rapproche de la revanche d'Ouranos que je vous ai contée le 27 Juin ?..

Ce projet secret avait été présenté dès Janvier 1961 à J.F.K., qui l'avait rangé bien au fond du tiroir à archives de son bureau ovale (un peu comme le dossier BlaqueBéri du Crieur, toutes choses égales par ailleurs...).

- "Mais comment se fait-ce ?", me direz-vous (sans rire j'espère).

Et bien justement, c'est que nous commençons à toucher au nœud de l'histoire (et toujours sans rire s.v.p...).

A cette date, le mari de Jackie O. a encore une vision infiniment moins martiale de la conquête spatiale que son partenaire de golf, lequel n'était encore que Vice-President, et pas encore le 'président du Vice' que l'Histoire allait lui permettre de devenir, par la grâce de trois projectiles texans bien ajustés...

Pour Jack le Magnifique, en effet, "mieux vaut unir les forces américaines et soviétiques pour réaliser un programme commun de prévisions météorologiques, de satellites de télécommunications ou encore d'exploration de la Lune, de Mars ou de Vénus.".

Mais dans un monde bipolaire alors en pleine guerre froide, ce désir pacifique de coopération scientifique aurait-il pu se concrétiser sous son mandat ?
Comment sortir de cette gigantomachie qui tenait le monde en haleine depuis les années 50 ?..

Par la faute d'un autre fumeur de cigares cubains, brun et barbu celui-là, et à cause d'une histoire de cochons qui n'a rien à voir avec une quelconque fièvre grippale, nous ne le saurons hélas jamais...

Trois ans et demi plus tôt, les Maîtres de l'Empire de l'Ours slave* de notre Leader Maximo et Pirate des Caraïbes, avaient déjà gagné la première course de cette compétition extra-terrestre, en mettant en orbite leur "compagnon de route" (Spoutnik en russe), faisant entrer dès 1957 l'Homme (et la femme aussi) dans l'ère spatiale et spéciale où nous vivons depuis.

Le 12 Avril de cette année 1961, les cocos Rouges (pas comestibles ceux-là) frappent encore plus fort, plus haut, et plus loin.

Ils expédient Youri, ce fils d'un charpentier et d'une paysanne des plaines centrales de la Russie (encore un mediolanum ?), rejoindre les étoiles pour revenir avec des cartes postales exclusives, et en couleur en plus !

Immense et immédiat succès planétaire, souvenez-vous (moi pas, mais j'étais pas né).

Pas mal pour un ancien étudiant en machines agricoles, non ?! Il me rappellerait presque Ulysse, ce voyageur intrépide, la ruse en moins et le russe en plus...

Ça commençait à faire beaucoup pour les voisins de l'Empire de l'Aigle, et le 15 Avril suivant une invasion militaire US était lancée sur Cuba, destinée à reprendre l'île des mains des castristes, et récupérer ainsi des points sur l'échiquier géopolitique d'alors.

Cette tentative de petit roque fit chou blanc, et les Blancs perdirent ce tour en même temps que leur Tour, qui s'enlisa de manière humiliante dans cette fameuse Baie des Cochons...

Pour l'amant de la blonde platine c'est en trop, il lui faut absolument reprendre la main, d'autant que l'Ours échaudé s'apprête maintenant à transformer son satellite cubain en base de lancement thermonucléaire : "Ça craint du boudin..." aurait-il dit (mais je ne garantis pas).

Le 28 Avril, il demande à son cowboy et président en second si les USA peuvent repasser premier dans la course à l'Espace :
"Johnson a une vision lucide de la situation : les Etats-Unis ont plus de ressources que l’URSS, mais n’ont pas pris les bonnes décisions. Il est encore possible de renverser la vapeur et de faire débarquer un homme sur la Lune à partir de 1966.".

Aussitôt dit, aussitôt fait : le 5 Mai, le bel Alan SHEPARD va faire un tour d'impesanteur de 3 mn en proche banlieue terrestre, prouvant ainsi qu'à une lettre près, il méritait son patronyme de berger (sheperd aux US), en filant une laine dont on a fait l'étoffe des Héros made in USA depuis cette date...

Et moins de trois semaines plus tard, le 25 Mai 1961, John Fitzgerald Kennedy prononce son célèbre discours au Congrès américain, en promettant à son peuple subjugué :

«Notre pays doit se vouer tout entier à cette entreprise : faire atterrir un homme sur la Lune et le ramener sain et sauf sur la Terre avant la fin de la présente décennie.»

Six ans après la fin de son destin d'étoile filante, l'avenir lui donnera raison - juste à temps - quand un autre Amstrong américain, qui pourtant lui ne jouait pas de la trompette, fera triomphalement résonner celles de la renommée en foulant d'un pied conquérant un peu de poussière lunaire...

Cette glorieuse épopée aurait-elle gravée nos mémoires, si l'armada US avait réussi son débarquement en Terre rouge sans en faire ce fiasco et ce bain de sang, huit ans plus tôt ?..

Sans doute pas, mais certains y verront là - une fois de plus - la marque du papillon et de son effet bien connu des météorologues (et des vinophiles).

Le battement d'ailes d'un petit papillon des îles peut donc suffire à envoyer un homme dans la Lune ?...


Christopher l'Astro-nautiste.

P.S. : Benjamin le Philosophe avait écrit :
À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou.

A propos de Liberté, je vous parie une autre caisse de Sans Soufre qu'un autre président charismatique du pays de Lady Liberty, va nous promettre sous peu une aventure spatiale du tonnerre (de Zeus) !..
La planète rouge va-t'elle nous divertir du rouge sang de la diplomatie sauce BBQ ?..



* Ce plantigrade protégé est pourtant un 'frère des Hommes' lui aussi : s'il s'lave, il s'nettoit; et s'il s'nettoit c'est donc ton frère !..



© Christophe ANTÉ 2009

2 commentaires:

  1. Précision chantagière : pas de commentaire, pas de suite...

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Merci de modérer vous-même vos commentaires (pas que ça à faire, non plus... ;-) :