Henri,La suite de cette page nous permettra de replonger dans l'inventaire végétal de cette île paradoxale, aride et sèche avec ses 325 jours de soleil par an (record d'Europe), mais arrosée par ses sources à la fois innombrables, abondantes et sacrées.
Je soupçonne d'ailleurs le clergé orthodoxe local d'avoir bâti autant de lieux de culte que de sources. Sachant que nous en sommes à 3000 chapelles, églises, et basiliques à ce jour (d'après Michael)...
Mais je m'égare, revenons vers ce chemin et les rencontres de personnages végétaux et humains qu'il a occasionné.
Il était une fois, dans la ville de Foix, hum, non...
Alors que je cherchais la route de Zakros, après m'être autorisé une pause imprévue le matin, à l'extrémité Est de l'île, sur le site d'Itanos à la pointe du Cap de Fer (Sideros) où j'avais pu me jouer un remake du Grand Bleu période grecque, je stoppe ma Chevrolet décapotable (modèle Matiz de Daewoo, d'un coquet mais peu discret vert fluo) sur le minuscule parking de Platanos, le long de la route à flanc de montagne que j'avais quelque peine à escalader, à cause des limites du V2 d'un litre de cylindrée de ma Rossinante.
Je décide de laisser la bête se reposer, le temps que celui qui la monte se dégourdisse les pattes, et se rafraichisse un peu...
Sache que malgré son nom végétal, cet endroit-là n'est pas un village, mais un simple lieu-dit qui se compose de seulement trois éléments :
- une fontaine publique,
- une église miniature et "chaux blanchie", séparée d'une taverne par la largeur de sa terrasse ombragée, et surplombée plus haut d'un clocher en forme de phare,
- un Café panoramique, en face de tout ça et accroché à 404 m au dessus du golfe de Mirabello le bien nommé.
Je visite les trois lieux dans cet ordre, sans croiser la moindre âme qui vive (un peu façon Hitchcock dans La Mort aux trousses, ou comme le poussin de Jéjé du 10 Juin, choisis !), avant d'être finalement accueilli par le garçon du Café où j'ai pris la photo de couv'.
Avant de m'installer, et une fois trouvée une langue commune, nous échangeons quelques considérations sur la conduite crétoise, très particulière et surprenante, même pour un habitué du stock-car marseillais des "Bouchés du Rhône": plus t'es gros, plus tu vas vite et moins tu freines, et plus les autres ils se poussent (pour pas se faire pousser).
C'est simple comme le capitalisme, mais il faut juste le savoir, surtout dans les virages en épingle.
Le petit jeune, lui, il est fier d'avoir une Mégane française : comme il n'a plus de moto depuis son accident, il peut continuer à tenter de battre son record actuel, aller direct pour Sitia en 20 mn seulement (au lieu de 50...).
Je demande ensuite au miraculé, si cette histoire de l'église de Saint Nektarios d'Egine (le Pentapole de Marmara, donc) que je viens de visiter, paraît-il érigée en une nuit le 3 Septembre 1963, est véridique ou pas.
- Oui, c'est drôle d'ailleurs comme histoire !..
- Ah bon, comment ça ?
- Ben il se trouve que les habitants des trois communes du coin se querellaient et se déchiraient pour savoir quelle église aurait la garde des reliques du Saint (mort en 1920 et dernier homme à avoir été sanctifié par l'église en 1961 - ndr).
- Peut-être parce qu'on le considérait de son vivant comme un faiseur de miracles, vu son titre officiel de 'Thaumaturge' (thaumatourgos=faiseur de miracles) ? Rien qu'à voir tous les ex-voto accrochés devant les splendides icônes, et tous les prénoms déposés par les Russes de passage sur le livre de visite, ces reliques sont vraiment très fréquentées...
- Bien sûr... Alors une nuit, les trois Popes des diocèses en question, aidés par les villageois les plus sages, ont réussi à construire la nouvelle église à Platanos, juste à l'endroit qui se trouve être à la même distance des trois villages ! Comme ça, pas de jaloux et plus d'histoires !..
- Ah oui je vois, encore une histoire de Milieu alors, un peu comme Salomon...
Je suis désolé Henri, mais je te jure sur une caisse de n'importe lequel de tes vins bios que je ne fais PAS exprès !.. Tu me crois au moins ?
Je déguste donc mon café espresso ristreto (allongé et amélioré en petit Noir bien français, grâce au prévisible verre d'eau : symbole de la maternelle Ed.Nat. ?) tout en admirant la vue sur l'île de Spira, qui a hébergé la première colonie minoenne en Crète, laquelle a apporté la culture de l'Olivier sur l'île (dixit le panneau - payé par l'Europe - sur le parking).
Notre accro à l'adrénaline me rejoint alors en terrasse, pour continuer à parfaire son anglais et partager son goût pour la culture (et l'industrie) française.
Je lui demande alors s'il sait ce qui provoque cette écume blanche au pied de la falaise, là où l'eau est d'un bleu turquoise inhabituel.
Un rien goguenard, il me demande de deviner : il n'y a pas de jokers comme pour qui veut gagner des millions, mais j'ai droit à des indices à la Julien Lepers...
Bref, je finis par donner piteusement ma langue au chat, et il m'explique que ce qu'on voit est causé par les résurgences d'eau douce que la montagne relâche à cet endroit, et qui explique la présence du village de Mochlos, perdu au pied de la falaise et difficile d'accès, ce qui n'a pas empêché les cultivateurs de tout le coin de venir charger cette eau pendant des générations, pour aller en arroser leur champs voisins.
Sans doute que les colons minoens ont du en profiter aussi, à leur époque, vu qu'ils nous ont laissé sur place le site archéologique de Thólos...
Pressé par Chronos, je reprends ma route pour Zakros, son huile d'Olive réputée, sa Vallée de la Mort (Thanatos Valley pour les touristes qui y défilent du monde entier), et son port de Kato Zakros abrité sur la Mer de Lybie, où Haris (le sympathique manager de l'accueil de ma base solaire crétoise) m'envoie déjeuner sous les Tamaris, aux bons soins de son copain Nikos le Restaurateur (Vous lui dites que si j'apprends que ça c'est pas bien passé, je le tue.).
Par monts et par vaux, je suis le ruban d'asphalte à travers une véritable mer d'Oliviers, balayés par le vent comme des blés murs en été, sauf que c'est la couleur argent qui domine, au lieu de l'or. Je repense à Vincent Van G., qui écrivait à Théo au sujet des Oliviers de la Provence découverts en été : C'est trop beau pour que j'ose le peindre ou puisse le concevoir.
Tous sont irrigués par goutte-à-goutte, et chaque forage de montagne est relié à des kilomètres et des kilomètres de tuyaux noirs, comme sur le reste de l'île d'ailleurs. Il est certain qu'ici, l'Eau ne vient pas du Ciel...
Arrivé sur la place de Zakros (miraculé et entier, malgré une épingle mal négociée et un dérapage "semi-contrôlé" : Daewoo ne remplacera pas Renault, en tenue de route non plus), je m'offre une pinte de Mythos avec mousse et bien fraiche, puis j'avise une petite épicerie où je pourrais avitailler le navire et son capitaine en produits frais et roboratifs.
Après avoir fait provision de pain et d'eau frais (si si, c'est un pluriel), de pistaches et de feta fraiche et tirée du bidon devant moi, je remarque les autres bidons métalliques posés sur l'étagère, et contenant cette fameuse huile à 0,3 % d'acidité seulement (trouve moins, et je te paye une cagette de prunes. Je sais c'est pas la saison...).
Je me dis que ce liquide doré pourrait parfaire le pan-bagnat crétois que je projette, et que tu as déjà deviné... J'ai oublié de te dire que la marchande qui me sert, parle un français d'un niveau et d'un maintien étonnant, si on ignore qu'elle l'a appris au lycée, quand elle était jeune...
Je tente de profiter lâchement de ce rapprochement linguistique, pour négocier le tarif du bidon convoité :
- Je vous répète que je suis désolée, je ne suis qu'employée ici, il faudrait voir avec le patron si vous insistez.
- Pourquoi pas, s'il me fait un bon prix je pourrais peut-être en prendre plusieurs litres ?..
- Mais puisque je vous dis qu'il n'est pas là aujourd'hui, il n'est même pas en ville car il est à son restaurant...
- OK, mais à tout hasard il se trouve où son restaurant ?
- En bas, à Kato Zakros, 'Zakros du Bas' si vous préférez, au bord de la plage...
- Au fait, on est à combien du port en partant d'ici ?
- Ça dépend comme vous conduisez, entre 5 et 10 mn à peu près. Vous n'avez qu'à prendre à gauche en sortant du village...vous désirez autre chose ?..
- Comment dites-vous, 'Akrojiali' ?..
- Oui, excusez-moi, c'est écrit là sur ce bout de papier, à coté du plan : c'est un endroit qui...
- Mais c'est pas 'Akrojiali' c'est 'Akroyali' !.. C'est le restaurant de Nikos mon patron !..
Sauf à être un client acharné de l'Atelier, tu ne devineras jamais ce que j'ai mangé "au bout de la Mer" (traduction de Akrogiali), à l'ombre des Tamaris de Nikos (cf. 'Le Jaja' du 10 Juin)...
Tu donnes ta langue au chat de tout à l'heure ?..
Une belle tranche d'espadon grillé, que j'avais demandé qu'on me prépare comme le thon ici à Marseille, c'est à dire en faisant peur au poisson, juste en lui montrant la flamme !
Le pichet de Blanc allait bien avec, mais était moins désaltérant que l'eau de la source de Zakros du Haut, que j'avais dénichée plus tôt au pied de l'église byzantine de la Source de la Métamorphose, dont le courant remontait un "frais vallon" jusqu'à un magnifique Platane de Crète, si beau qu'on aurait cru celui qui abrita les ébats et le sommeil de Zeus et d'Europa (cf. 'Embarquement pour Cythère' du 31 Mai).
C'est peut-être pour ça que l'air y embaumait les senteurs de la Sauge sauvage de Jérusalem, va savoir...
Christophe le Marseillais.
P.S. : Cet épisode m'a permis de compléter (à bon prix) ma collec' d'huiles de Crète, on pourra les comparer quand tu viendras.
© Christophe ANTÉ 2009
Je soupçonne d'ailleurs le clergé orthodoxe local d'avoir bâti autant de lieux de culte que de sources. Sachant que nous en sommes à 3000 chapelles, églises, et basiliques à ce jour (d'après Michael)...
Mais je m'égare, revenons vers ce chemin et les rencontres de personnages végétaux et humains qu'il a occasionné.
Il était une fois, dans la ville de Foix, hum, non...
Alors que je cherchais la route de Zakros, après m'être autorisé une pause imprévue le matin, à l'extrémité Est de l'île, sur le site d'Itanos à la pointe du Cap de Fer (Sideros) où j'avais pu me jouer un remake du Grand Bleu période grecque, je stoppe ma Chevrolet décapotable (modèle Matiz de Daewoo, d'un coquet mais peu discret vert fluo) sur le minuscule parking de Platanos, le long de la route à flanc de montagne que j'avais quelque peine à escalader, à cause des limites du V2 d'un litre de cylindrée de ma Rossinante.
Je décide de laisser la bête se reposer, le temps que celui qui la monte se dégourdisse les pattes, et se rafraichisse un peu...
Sache que malgré son nom végétal, cet endroit-là n'est pas un village, mais un simple lieu-dit qui se compose de seulement trois éléments :
- une fontaine publique,
- une église miniature et "chaux blanchie", séparée d'une taverne par la largeur de sa terrasse ombragée, et surplombée plus haut d'un clocher en forme de phare,
- un Café panoramique, en face de tout ça et accroché à 404 m au dessus du golfe de Mirabello le bien nommé.
Je visite les trois lieux dans cet ordre, sans croiser la moindre âme qui vive (un peu façon Hitchcock dans La Mort aux trousses, ou comme le poussin de Jéjé du 10 Juin, choisis !), avant d'être finalement accueilli par le garçon du Café où j'ai pris la photo de couv'.
Avant de m'installer, et une fois trouvée une langue commune, nous échangeons quelques considérations sur la conduite crétoise, très particulière et surprenante, même pour un habitué du stock-car marseillais des "Bouchés du Rhône": plus t'es gros, plus tu vas vite et moins tu freines, et plus les autres ils se poussent (pour pas se faire pousser).
C'est simple comme le capitalisme, mais il faut juste le savoir, surtout dans les virages en épingle.
Le petit jeune, lui, il est fier d'avoir une Mégane française : comme il n'a plus de moto depuis son accident, il peut continuer à tenter de battre son record actuel, aller direct pour Sitia en 20 mn seulement (au lieu de 50...).
Je demande ensuite au miraculé, si cette histoire de l'église de Saint Nektarios d'Egine (le Pentapole de Marmara, donc) que je viens de visiter, paraît-il érigée en une nuit le 3 Septembre 1963, est véridique ou pas.
- Oui, c'est drôle d'ailleurs comme histoire !..
- Ah bon, comment ça ?
- Ben il se trouve que les habitants des trois communes du coin se querellaient et se déchiraient pour savoir quelle église aurait la garde des reliques du Saint (mort en 1920 et dernier homme à avoir été sanctifié par l'église en 1961 - ndr).
- Peut-être parce qu'on le considérait de son vivant comme un faiseur de miracles, vu son titre officiel de 'Thaumaturge' (thaumatourgos=faiseur de miracles) ? Rien qu'à voir tous les ex-voto accrochés devant les splendides icônes, et tous les prénoms déposés par les Russes de passage sur le livre de visite, ces reliques sont vraiment très fréquentées...
- Bien sûr... Alors une nuit, les trois Popes des diocèses en question, aidés par les villageois les plus sages, ont réussi à construire la nouvelle église à Platanos, juste à l'endroit qui se trouve être à la même distance des trois villages ! Comme ça, pas de jaloux et plus d'histoires !..
- Ah oui je vois, encore une histoire de Milieu alors, un peu comme Salomon...
Je suis désolé Henri, mais je te jure sur une caisse de n'importe lequel de tes vins bios que je ne fais PAS exprès !.. Tu me crois au moins ?
Je déguste donc mon café espresso ristreto (allongé et amélioré en petit Noir bien français, grâce au prévisible verre d'eau : symbole de la maternelle Ed.Nat. ?) tout en admirant la vue sur l'île de Spira, qui a hébergé la première colonie minoenne en Crète, laquelle a apporté la culture de l'Olivier sur l'île (dixit le panneau - payé par l'Europe - sur le parking).
Notre accro à l'adrénaline me rejoint alors en terrasse, pour continuer à parfaire son anglais et partager son goût pour la culture (et l'industrie) française.
Je lui demande alors s'il sait ce qui provoque cette écume blanche au pied de la falaise, là où l'eau est d'un bleu turquoise inhabituel.
Un rien goguenard, il me demande de deviner : il n'y a pas de jokers comme pour qui veut gagner des millions, mais j'ai droit à des indices à la Julien Lepers...
Bref, je finis par donner piteusement ma langue au chat, et il m'explique que ce qu'on voit est causé par les résurgences d'eau douce que la montagne relâche à cet endroit, et qui explique la présence du village de Mochlos, perdu au pied de la falaise et difficile d'accès, ce qui n'a pas empêché les cultivateurs de tout le coin de venir charger cette eau pendant des générations, pour aller en arroser leur champs voisins.
Sans doute que les colons minoens ont du en profiter aussi, à leur époque, vu qu'ils nous ont laissé sur place le site archéologique de Thólos...
Pressé par Chronos, je reprends ma route pour Zakros, son huile d'Olive réputée, sa Vallée de la Mort (Thanatos Valley pour les touristes qui y défilent du monde entier), et son port de Kato Zakros abrité sur la Mer de Lybie, où Haris (le sympathique manager de l'accueil de ma base solaire crétoise) m'envoie déjeuner sous les Tamaris, aux bons soins de son copain Nikos le Restaurateur (Vous lui dites que si j'apprends que ça c'est pas bien passé, je le tue.).
Par monts et par vaux, je suis le ruban d'asphalte à travers une véritable mer d'Oliviers, balayés par le vent comme des blés murs en été, sauf que c'est la couleur argent qui domine, au lieu de l'or. Je repense à Vincent Van G., qui écrivait à Théo au sujet des Oliviers de la Provence découverts en été : C'est trop beau pour que j'ose le peindre ou puisse le concevoir.
Tous sont irrigués par goutte-à-goutte, et chaque forage de montagne est relié à des kilomètres et des kilomètres de tuyaux noirs, comme sur le reste de l'île d'ailleurs. Il est certain qu'ici, l'Eau ne vient pas du Ciel...
Arrivé sur la place de Zakros (miraculé et entier, malgré une épingle mal négociée et un dérapage "semi-contrôlé" : Daewoo ne remplacera pas Renault, en tenue de route non plus), je m'offre une pinte de Mythos avec mousse et bien fraiche, puis j'avise une petite épicerie où je pourrais avitailler le navire et son capitaine en produits frais et roboratifs.
Après avoir fait provision de pain et d'eau frais (si si, c'est un pluriel), de pistaches et de feta fraiche et tirée du bidon devant moi, je remarque les autres bidons métalliques posés sur l'étagère, et contenant cette fameuse huile à 0,3 % d'acidité seulement (trouve moins, et je te paye une cagette de prunes. Je sais c'est pas la saison...).
Je me dis que ce liquide doré pourrait parfaire le pan-bagnat crétois que je projette, et que tu as déjà deviné... J'ai oublié de te dire que la marchande qui me sert, parle un français d'un niveau et d'un maintien étonnant, si on ignore qu'elle l'a appris au lycée, quand elle était jeune...
Je tente de profiter lâchement de ce rapprochement linguistique, pour négocier le tarif du bidon convoité :
- Je vous répète que je suis désolée, je ne suis qu'employée ici, il faudrait voir avec le patron si vous insistez.
- Pourquoi pas, s'il me fait un bon prix je pourrais peut-être en prendre plusieurs litres ?..
- Mais puisque je vous dis qu'il n'est pas là aujourd'hui, il n'est même pas en ville car il est à son restaurant...
- OK, mais à tout hasard il se trouve où son restaurant ?
- En bas, à Kato Zakros, 'Zakros du Bas' si vous préférez, au bord de la plage...
- Au fait, on est à combien du port en partant d'ici ?
- Ça dépend comme vous conduisez, entre 5 et 10 mn à peu près. Vous n'avez qu'à prendre à gauche en sortant du village...vous désirez autre chose ?..
- Une dernière question alors : vous connaissez le restaurant "Akrogiali" sur le port ?
- Comment dites-vous, 'Akrojiali' ?..
- Oui, excusez-moi, c'est écrit là sur ce bout de papier, à coté du plan : c'est un endroit qui...
- Mais c'est pas 'Akrojiali' c'est 'Akroyali' !.. C'est le restaurant de Nikos mon patron !..
Sauf à être un client acharné de l'Atelier, tu ne devineras jamais ce que j'ai mangé "au bout de la Mer" (traduction de Akrogiali), à l'ombre des Tamaris de Nikos (cf. 'Le Jaja' du 10 Juin)...
Tu donnes ta langue au chat de tout à l'heure ?..
Une belle tranche d'espadon grillé, que j'avais demandé qu'on me prépare comme le thon ici à Marseille, c'est à dire en faisant peur au poisson, juste en lui montrant la flamme !
Le pichet de Blanc allait bien avec, mais était moins désaltérant que l'eau de la source de Zakros du Haut, que j'avais dénichée plus tôt au pied de l'église byzantine de la Source de la Métamorphose, dont le courant remontait un "frais vallon" jusqu'à un magnifique Platane de Crète, si beau qu'on aurait cru celui qui abrita les ébats et le sommeil de Zeus et d'Europa (cf. 'Embarquement pour Cythère' du 31 Mai).
C'est peut-être pour ça que l'air y embaumait les senteurs de la Sauge sauvage de Jérusalem, va savoir...
Christophe le Marseillais.
P.S. : Cet épisode m'a permis de compléter (à bon prix) ma collec' d'huiles de Crète, on pourra les comparer quand tu viendras.
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